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Retour sur Jumbo Layer

Deux légendes du rock underground français sont passés par la scène du théâtre Roger Ferdinand le 22 décembre 2012 : Gilles Riberolles et Mickey Blow. Il est peut-être temps de faire les présentations…

Gilles fut journaliste à Best, l’autre mensuel avec « Rock & Folk » dans les années 70 et 80. Je me souviens de ses interviews de James Brown (qui lui a même offert un de ses costumes de scène!), Blondie (il est ami avec Chris Stein), Keith Richards, Devo, Iggy Pop, les Cramps…

En parallèle, il avait ce groupe très frais, Casino Music, qui enregistra un seul album, « Amour sauvage » sur ZE records.

Funky, new-wave, disco, rock, ce disque différent et attachant enchaîne des rythmiques piano guitare dans l’air du temps mais néanmoins différentes de la mêlée ambiante. Cet album reste un OVNI dans les productions de l’époque pour ceux qui le possèdent et le chérissent. Candeur et cynisme se donnent la part belle dans cet amour d’un monde moderne fait de plastique, d’alcools fluorescents et d’insouciance. « Nous n’avons pas peur des hommes venus d’ailleurs, nous allons nous aimer, nous aimons la nouveauté… On se sent si bien, nous danserons jusqu’au matin… ».

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=a0CSNDgWjPQ[/youtube]

Après diverses collaborations (PANORAMAS), productions (PATRICK EUDELINE), groupes (SATANIC MAJESTIES) Gilles se concentre sur sa passion pour la Louisiane, New Orleans, berceau et chaudron de toute les musiques qu’il aime (rock, blues, jazz), tourne un road-movie/documentaire « We love Big Chief », visible sur viméo… JUMBO LAYER est son groupe depuis une décennie, à géomètrie variable selon les périodes mais dont l’album le plus réussi est sans doute le plus récent, Human Gumbo, sorti sur Bang! records.

Après 33 ans de cigarettes diverses allumées dans la nuit, la voix de Gilles ressemble de plus en plus à celle éraillée de Tom Waits…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=1TNvyPi-psQ[/youtube]

Nous n’avions malheureusement pas de danseuse vaudou sur scène le 22 mais nous avions Mickey Blow ! Quel dommage qu’il ait raté son train et soit arrivé juste 15 mn avant le concert, son petit problème de micro n’eut sans doute pas existé…

Mickey, de son vrai nom Alain Durand-Bougère, a joué de l’harmonica avec de grands noms : Johnny Thunders, Alain Bashung, Little Bob, Dick Rivers, les Stunners, Stiv Bators, Henri Padovani…

Avec leurs dégaines inoubliables, semblant sorties du Soho/London des années soixante, Gilles et Mickey ont donc posé leurs valises cabossées de souvenirs et de rencontres à St-Lô. Lorsque Jo Stratakis a été chercher en urgence Mickey à la gare à 18h15 pour le ramener fissa sur la scène du théâtre, la voiture s’est retrouvée coincée pour quelques instants dans le spectacle de rue des saltimbrés dans un nuage de confettis… Mickey s’exclama  » Purée ça bouge bien St-Lô !  » 😉

Après le concert, ils se rendirent au Normandy puis à Art plume, en modestes mais authentiques princes de la rock’n’roll attitude. Avec eux, ce mot est tout sauf galvaudé mais bel et bien habité !

De Johnny Cash à Daft punk, nous nous intéressons à ceux qui, d’une manière ou d’une autre, gardent cette flamme vivante, de par leurs créations bien sûr, mais aussi leurs vies, entièrement dédiées à la musique.

Certains font un disque dans leur jeunesse puis deviennent agents d’assurances ou vendeurs de chaussures et tournent totalement le dos à une façon d’être et de penser…

Avec Gilles et Mickey, on est loin de tout ça, très loin…